Economie circulaire : au-delà des déchets

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Publiée le 04/07/2019
     
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Si la question des déchets du BTP est centrale pour les métiers de la construction et de l'aménagement urbain, la notion d'économie circulaire concerne globalement tout ce qui touche à la fabrique urbaine : tel est l'axe qui s'est dégagé lors de la Conférence&Débats proposée ce 2 juillet par la SCET et Cadre de Ville

Comme le rappelaient Marie-Christine PREMARTIN (ADEME) et Patricia SAVIN (Orée), le concept d'économie circulaire consiste à diminuer, pour un processus donné, tant les ressources entrantes (énergie et matériaux essentiellement) que les émissions (énergie fatale, déchets, pollution...), la « circularité » idéale aboutissant dans l'absolu à un système autarcique... La raréfaction des ressources et l'urbanisation croissante de nos sociétés désignent naturellement la ville comme l'endroit où tout se joue, parce que tous les processus, notamment industriels, qui y convergent, vont devoir intégrer une logique « circulaire ».

C'est d'abord le processus de la fabrique urbaine qui apparaît comme le premier concerné, le volume de production des déchets du BTP s'imposant comme une évidence. Il faut bien intégrer cependant que c'est tout l'écosystème urbain, du berceau à la tombe d'une certaine manière, qui devra s'y mettre, ainsi que le souligne Dominique ALBA (APUR) avec le concept de foncier circulaire. Ainsi, les métiers de la construction mais aussi de l'aménagement urbain vont devoir de plus en plus intégrer la notion d'analyse de cycle de vie, permettant de mieux prendre en compte la dimension multiple de leurs impacts. L'évolution des normes pousse dans ce sens, passant d'une vision centrée sur l'énergie (RT 2012) à une approche plus globale intégrant le bilan carbone (E+C-), un bailleur comme Pierre PAULOT (directeur de la maîtrise d'ouvrage de 3F) considérant qu'il s'agit d'un des leviers pour véritablement faire évoluer les pratiques constructives, incitant au développement d'une logique de préfabrication.

Des premiers retours d'expérience

Ils portent assez logiquement sur la gestion des déchets du BTP, à commencer par les travaux de terrassement. Impliqués dans le projet Cycle Terre, Grand Paris Aménagement (Magali CASTEX) et Quartus (Ludovic BOESPFLUG) sont engagés sur la valorisation de la terre issue du terrassement : il s'agit de transformer les terres excavées naturelles en matériaux de construction en terre crue, l'enjeu étant de favoriser l'émergence d'une filière en Ile-de-France, 400 millions de tonnes de déblais devant être générés par l’ensemble des constructions du Grand Paris d’ici 2030. Le projet de Quartus, Manufacture-sur-Seine, primé dans le cadre de l'appel à projets Réinventer la Seine, constitue l'un des terrains d'expérimentation : une partie des constructions (essentiellement les cloisons intérieures) étant réalisée à partir de matériaux en terre crue. Ces mêmes terres excavées peuvent également être utilisées pour un projet d'espace vert aménagé sous forme de colline, comme présenté par Flavien LOUSTAU (SCET). La réutilisation et le réemploi sont des pistes également prometteuses : ce peut être des matériaux de démolition (nécessitant dans ce cas de procéder à de la déconstruction sélective) comme à Fives Cail où un test à grande échelle, présenté par Yannick BARBRY (SORELI), est en cours, motivé autant par le souci de limiter la production de déchets que par la volonté de préserver la richesse patrimoniale du site (le maintien autant que possible du bâti s'inscrivant dans cette même logique). Plus largement, matériaux de démolition ou rebuts de chantier constituent des ressources potentielles d'un chantier à l'autre : c'est le pari initié par Cycle Up, initiative commune d'Icade et d'Egis. Présenté par Sébastien DUPRAT, cette place de marché en ligne met en relation producteurs de potentiels déchets de chantier et utilisateurs intéressés par de la réutilisation ou du réemploi. Au final, les freins ne sont pas juridiques (un dispositif de garanti a même pu être élaboré) mais bien pratiques : difficulté de prévoir la réutilisabilité d'un matériau, frilosité de certaines maîtrises d'ouvrage et de certains maîtres d'œuvre, conservatisme des grands groupes de BTP qui voient leur logique de production « de masse » remise en cause... Quoiqu'il en soit, la future loi « anti-gaspillage pour une économie circulaire » va très probablement avoir un effet incitatif avec deux mesures envisagées : la mise en place d’un diagnostic « déconstruction » dans les opérations neuves et l’extension au secteur du BTP de la responsabilité élargie du producteur.

Deux autres exemples vus au cours de cette journée se situent au croisement des métiers de l'aménagement et du développement économique. Relevant de l'écologie industrielle (terme utilisé par certains participants comme quasi synonyme de l'économie circulaire), ils montrent aussi l'intérêt d'un outil de partenariat public-privé tel que la SEM, maîtrisé par la puissance publique, pour concilier aménagement du territoire et développement économique. C'est le cas de la SEMEDI, présentée par son président Michel CAPITAINE ou encore de la SEMAG Gardanne, présentée par son directeur Nicolas FORTUIT : l'ancrage local, incarné par la collectivité, est ainsi une garantie pour concevoir et maintenir des circuits courts de valorisation de process industriels, facteurs autant d'attractivité territoriale que d'acceptabilité par les riverains.

Au-delà, comme l'a constaté Marie-Odile FARINEAU, c'est à une réappropriation des opérations, tant par les maîtrises d'ouvrage que par les maîtrises d'œuvre que l'économie circulaire appelle, avec des logiques de circuits courts et de meilleure adaptation des projets aux contextes locaux.

Pour en savoir plus :

  • Un guide proposé par le CEREMA sur l'analyse du cycle de vie des matériaux utilisés dans le BTP
  • Economie circulaire : un atout pour relever le défi de l'aménagement durable, un dossier analysant 4 expérimentations soutenues par l'ADEME portant sur les flux, les usages et les économies
  • Les différentes présentations faites lors de la journée Conférence&Débats du 2 juillet (lien ci-dessous)

 

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Rédacteur
Thierry LEMANT
Responsable de l'Animation digitale et des publications - Direction de l'animation du Réseau et de la communication - SCET
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