UNE 1RE R&D COLLABORATIVE SUR LE CROISEMENT ENTRE ÉVALUATION SOCIO-ECONOMIQUE (ESE) ET ÉTUDE D’IMPACT (EI)
Constat de départ : une méthodologie ESE encore insuffisamment environnementale
De plus en plus utilisée pour analyser les effets directs, indirects et induits des opérations d’aménagement, la méthodologie ESE intègre efficacement les dimensions économiques (investissements, fiscalité, emploi) et sociales (déplacements, activités humaines), mais elle reste limitée pour prendre en compte les créations et destructions de valeurs environnementales (artificialisation des sols, chute de la biodiversité, etc.) ainsi que les effets positifs et négatifs sur la santé humaine (exposition aux nuisances sonores et atmosphérique, îlots de chaleur urbains, etc.) et leur monétarisation dans une approche en coûts collectifs.
L’enjeu était donc de croiser la méthodologie ESE avec celle de l’étude d’impact (utilisée pour évaluer les conséquences potentielles sur l’environnement des projets d’aménagement) afin de mieux valoriser les efforts réalisés au service de l’intérêt général.
Des avancées méthodologiques majeures grâce aux expertises du Groupe SCET et des retours d’expérience des EPL
Pour cela, ce 1er programme de R&D collaborative a mobilisé plusieurs experts du Groupe SCET : spécialistes de l’aménagement, de l’environnement, de l’évaluation, etc. Ces derniers ont pu mener à bien leurs travaux en s’appuyant sur trois cas d’études proposés par les EPL participantes :
- Le parc d’activités Aliénor d’Aquitaine (Poitiers – Sep)
- L’opération Paléficat Rives de l’Hers (Toulouse – Oppidea Europolia)
- L’opération Grand Matabiau Quai d’Oc (Toulouse – Oppidea Europolia)
Une première phase de travail – incluant un atelier d’idéation réunissant deux consultants de la SCET et cinq opérationnels des EPL – a permis d’identifier des synergies entre ESE et EI, et de dégager plusieurs pistes d’évolution de la méthodologie ESE :
- Mieux évaluer et monétariser les retombées socio-économiques des actions en faveur de l’environnement et de la santé. Pour les espaces verts par exemple, l’ESE classique intégrait déjà les économies de climatisation liées aux îlots de fraîcheur. La R&D a permis d’ajouter de nouveaux indicateurs tels que les coûts médicaux évités ou la réduction de la surmortalité.
- Faire de l’ESE un outil d’analyse comparative et d’aide à la décision. L’opération Paléficat Rives de l’Hers a pour cela constitué un terrain d’étude précieux : la première ESE – réalisée par le Groupe SCET en 2023 – a été actualisée pour intégrer une nouvelle version du projet plus végétalisée. Cette mise à jour a démontré l’intérêt de l’ESE comme outil de comparaison entre plusieurs options d’aménagement, et donc comme véritable aide à la décision.
- Améliorer la restitution des résultats en identifiant clairement les bénéficiaires des effets mesurés : opérateurs de l’aménagement, puissance publique, futurs usagers, intérêt général.
Un nouvel outil pour accompagner un nécessaire changement de paradigme et de pratiques
Le modèle traditionnel de l’aménagement, fondé sur une forte consommation de ressources, atteint aujourd’hui ses limites. Sans renoncer à aménager – ce qui demeure indispensable pour répondre à différents défis comme celui du mal logement – il devient nécessaire de transformer les pratiques.
Or, ces dernières restent fortement influencées par les modèles économiques et les mécanismes de rémunération, qui privilégient encore l’extension urbaine au détriment de la sobriété.
Notre nouvelle méthodologie apporte une réponse concrète à cette problématique, par l’intégration des enjeux socio-environnementaux au bilan d’aménagement. En révélant des bénéfices jusqu’alors invisibles, elle peut notamment permettre de justifier des choix de sobriété.
VERS UNE NOUVELLE R&D COLLABORATIVE POUR MODÉLISER UN « BILAN D’AMÉNAGEMENT MUTLI-BÉNÉFICIAIRES »
Ce premier programme de R&D collaborative a permis aux experts du Groupe SCET d’initier la modélisation d’un nouvel outil : le Bilan d’Aménagement Multi-bénéficiaires, ou BAM. Celui-ci vise à dépasser l’équilibre financier classique pour créer un indicateur de rendement global intégrant : les effets économiques, les impacts sociaux, les externalités environnementales et sanitaires, et enfin les bénéficiaires associés à chaque retombée positive.
Un nouvel appel à collaboration pour passer de la théorie à la norme
Afin de garantir la robustesse scientifique et l’opérationnalité du BAM, le Réseau SCET souhaite désormais l’éprouver sur une diversité de cas d’études.
Vous êtes une EPL membre du Réseau SCET ? Vous souhaitez participer à un programme de R&D collaborative pour transformer une innovation en standard de l’aménagement durable ? N'hésitez pas à nous contacter !
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Les programmes de R&D collaborative du Réseau SCET sont des dispositifs ouverts aux EPL désireuses de mener des réflexions et expérimentations communes autour de sujets à forts enjeux, nécessitant des travaux approfondis au-delà d’un événement ou d’une publication « classiques ». Ces programmes reposent sur la constitution d’un petit groupe d’EPL volontaires et sur la mobilisation des bons experts – internes ou externes selon les thématiques –, afin d’élaborer un programme de travail associant sessions d’information, accompagnement individualisé et, surtout, ateliers de codéveloppement. L’objectif : faire avancer collectivement la théorie et/ou la pratique sur des sujets émergents, en élaborant de nouvelles méthodologies ou en implémentant des outils inédits.